Par Eric Choteau pour le Temps des Cerises (journal interne des militants de JBC)
Les Retraites ? Nicolas Sarkozy veut en faire la réforme emblématique de son quinquennat. Officiellement, tout est sur la table. En réalité, une piste est privilégiée : travailler plus longtemps.
Depuis 30 ans, le discours sur le « vieillissement » de la population est monté en puissance, baby-boom, papy-boom, ont constitué l'essentiel du débat sur les retraites, baby, papy et rien entre les deux, avec pour conséquence des changements législatifs et réglementaires qui ont profondément ébranlé les bases de notre système de retraite.
Maintenant qu'on ne peut quand même pas ignorer que bientôt (en 2030/2040) il y aura environ 1,5 actif(s) pour 1 retraité, se pose donc la réelle question de la responsabilité entre générations, les problèmes d'aujourd'hui ne peuvent indéfiniment être renvoyés à demain sur les générations futures.
Les comptes de l'assurance vieillesse se sont fortement dégradés ces dernières années, la publication des prévisions 2010 n'a fait que renforcer cette tendance dont on ne voit pas comment elle pourrait s'inverser en l'absence de toute révision des politiques menées
Dramatiser comme stratégie
On peut le dire sans détour : une réforme des retraites devient urgente, à condition de donner au mot « réforme » son véritable sens. Les aménagements, régressions pour certains, entamés au début des années 1990 ont fragilisé le système, réduit les droits des assurés sociaux sans parvenir à l'équilibre financier car il faut parler clair, le « problème » des retraites n'est souvent posé qu'en termes financiers.
Or il est nécessaire d'aller au-delà d'une approche strictement comptable dans laquelle les gouvernements successifs ont voulu circonscrire le problème, en réalité c'est la place du travail dans nos sociétés qui doit se retrouver au cœur du débat, et, avec lui, la question du partage des richesses.
La crise a contraint l'Elysée à inscrire la réforme des retraites à l'agenda 2010 et à transformer le simple bilan d'étape prévu par la loi de 2003 (« le rendez-vous retraite 2010 ») en grand-messe.
Le déficit de la branche retraite de la Sécurité Sociale atteindra 10,7 Milliards d'euros dès 2010, celui de l'ensemble des régimes obligatoires atteint déjà 25 milliards d'euros, chiffre qui était prévu pour 2020.