L’idéologie
L’ « immigration choisie » est justifiée selon ses théoriciens par la logique économique libérale : 500.000 emplois seraient non pourvus en France, pour différentes raisons ( les nationaux les dédaignent – emplois peu qualifiés – ou à cause d’un déséquilibre temporaire entre l’offre et la demande de travail – cas des professions médicales ).
L’ « immigration subie » est un concept, où les immigrés ne viendraient pas pour travailler mais pour bénéficier de rentes de situation – alors même qu’ils sont accusés de mettre au chômage les nationaux. Qualifiée de « subie » l’immigration est intrinsèquement considérée comme causant divers maux dont souffre la société d’accueil – crime, chômage, appauvrissement de l’Etat.
Les faits
Relativement à son histoire récente, et relativement aux autres pays Européens, la France n’est pas un pays d’immigration massive (8,1 % en France contre 13 % des Allemands et près de 10 % des Britanniques.)
o 42% des étrangers en France vivent en région parisienne, et 12% à Paris
o Si l’on retranche les naturalisations, la proportion d’étrangers en France est de 6.5%, et si l’on retranche les étrangers ressortissants des pays de l’Union Européenne – 40% du total, contre moins de 10% provenant des pays ayant des liens coloniaux avec la France –, cette proportion tombe à moins de 4 % .
o Il n’y a pas plus d’étrangers en France qu’en 1975 – 6.6% – ou en 1931 – 6.7%
Le regroupement familial compte pour environ 60% du flux d’immigration annuel, soit 90000 personnes sur a peu près 150000.
Depuis 1992, 40 % des flux d'immigrés en France ont au moins un bac + 2.
Etat de la législation
24 juillet 2006 : Instauration de la Carte compétences et talents, d’une durée de trois ans, renouvelable une fois, prévue par la Loi relative à l’immigration et à l’intégration. Face aux critiques de pillages intellectuels « elle sera délivrée à des personnes dont la présence est une chance pour la France mais n’est pas vitale pour leur pays d’origine. », c'est-à-dire sur critère de nationalité.
20 Novembre 2007 : Loi portant maîtrise de l’immigration, intégration et asile
Elle complète un arsenal législatif destiné à rendre de plus en plus difficile l’immigration légale pour raisons autres qu’économiques. Les conditions d’entrée et de séjour sur le territoire sont énoncées dans l’ordonnance du 02/11/1945, qui a été modifiée 25 fois... depuis 1974.
- L’Ofpra (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) est passé du contrôle du Ministère des Affaires étrangères à celui du Ministère de l’immigration. Les délais d’examen des dossiers sont passés à 15 jours et une liste de pays sûrs décidée par le ministère vient s’ajouter à celle décidée au niveau européen
- Le gouvernement promet une étude des régularisations au cas par cas…mais fixe dans le même temps un objectif chiffré en matière d’expulsions au ministère de l’immigration
- La condition de 10 ans de résidence continue en France ne garantit plus la possibilité d’obtenir une naturalisation, ni l’assurance de ne pas être expulsé.
- Le regroupement familial est plus encadré
- La loi prescrit également un « test » sur les connaissances de Français pour toute demande de carte de séjour
Pour la suite…
Le gouvernement propose même de revenir sur le principe de droit du sol à Mayotte
Les propositions du PS
- Mettre en place un politique de codéveloppement avec les pays du Sud
o Assouplissement de la politique de visas, aujourd’hui proche de l’arbitraire, avec des visas de travail à entrées multiples, pour freiner l’immigration illégale
o Evaluation concertée avec les pays d’origine des besoins dans une optique de gagnant-gagnant, l’immigré recevant en France une formation qui lui permette d’être utile non seulement à l’économie Française mais à son pays d’origine pour qu’il puisse utilement y revenir
o Droit de vote aux immigrés pour les élections locales dans une perspective d’intégration et de justice fiscale
o Des critères de régularisation clairs et précis ne laissant aucune place à l’arbitraire
o Ré-instauration du seuil des 10 ans
o Retour de l’Ofpra sous la tutelle du MAE
Opinions
L’ « immigration subie » est un concept populiste, renvoyant à l’idée absurde et contradictoire de la forteresse assiégée dont tout le monde voudrait sortir, et où tout le monde voudrait rentrer. Alors même que la France est censée être un pays à la dérive, guetté par le chômage de masse et la faillite de l’Etat, tant financière que morale, le pays est censé représenter un eldorado pour une immigration de masse en provenance du monde entier.
Qualifier de « choisie » l’immigration en France est fondamentalement illusoire : les politiques migratoires au sein de l’Union européenne sont aujourd’hui décidées au niveau communautaire. La seule chose que la France puisse totalement choisir, c’est la politique de naturalisation
Les immigrés « choisis » sont considérés comme une ressource librement utilisable et mobile, sans aucun besoin personnel ou intime, dont les droits cessent immédiatement à l’issue du contrat de travail.
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