Tribune libre

Valse avec la vie

Par Renaud Chenu

Comment les hommes se démerdent avec leur mémoire après avoir participé à l'horreur ? Prenez un homme de quarante ans qui s'est retrouvé au feu à dix-huit et a obéit à l'ordre criminel de vider son chargeur avant même d'avoir vécu, et vous aurez un début de réponse.

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La région conviviale

Par Edmond Bonnefoy.

« L'utopie est la réalité de demain » dit-on.  Encore faut-il laisser au  temps le temps de   faire son œuvre (car en ce domaine la précipitation est meurtrière)  et, surtout,   ne jamais perdre  de vue les composantes intangibles de la réalité. 

Parmi  ces contingences,  il en est une incontournable : celle du rapport du corps à l'espace.  Bien sûr, la technologie téléphonique nous permet, en moins d'une seconde, de faire entendre notre voix à l'autre bout de la terre et  l'avion  donne à un Parisien le loisir de déjeuner à Rome et de retrouver son foyer  le soir même : mais ne nous y trompons pas, notre quotidienneté reste enracinée dans un espace physiquement perceptible.  Cette perception physique élargie par l'affectivité dans laquelle baigne notre vécu et marquée par l'Histoire du lieu  construit notre sentiment d'appartenance à la collectivité des humains qui partagent, et ce lieu, et ce sentiment.

La forme   de cet espace de vie perceptible quotidiennement, nous l'appellerons, faute de mieux : REGION.

Faute de mieux en effet, car ce mot « région » est porteur de tellement de sens qu'il crée une ambiguïté s'il n'est pas qualifié. Pour la suite de cet article, il faut impérativement le dissocier de son acception  administrative, car mon propos ne vise pas  un espace « imposé aux... »,  mais  « accepté  par...» les humains qui y vivent. C'est pourquoi,  nous   qualifions cette région de CONVIVIALE.

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« We are all socialists now »

Par Fabrice Labroille.

 

Cette phrase barre la une du numéro de Newsweek de la semaine du 10 février. Alors que la crise touche de plein fouet les Etats-Unis, le magazine explique que pour y faire face, les instruments à mettre en place (régulation de l'économie, redistribution...) peuvent s'apparenter au modèle français, lui même étant « socialiste ». Bien sûr, ce modèle étant aux antipodes du modèle américain, le journaliste de Newsweek exhorte Obama à trouver un bon équilibre pour ne pas en arriver là. Le titre de l'article sonnant alors comme une gentille provocation.

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L'Union Européenne, un outil pour refonder notre projet de société

Par Alexandre Tortel.

Nous traversons aujourd'hui un cycle marqué par une profonde instabilité économique et politique. Nombre de certitudes, de dogmes, véhiculés par l'idéologie néolibérale, tels que la croyance en une autorégulation par le marché des sphères économiques et sociales, s'effondrent un à un. La crise économique, liée à une profonde crise sociale, contribue à accroitre l'insécurité sociale et à précariser une frange de plus en plus  importante de la population.

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L'illusion NPA

Par Yasmine Mohammedi, secrétaire de section adjointe.

 

Depuis le 7 février, c'est désormais officiel, la LCR n'est plus. Exit. Mettant de côté la thématique trotskiste, qui ne fait plus recette, Olivier Besancenot a donc lancé l'offensive à gauche avec un Nouveau Parti Anti-capitaliste, positionné plus encore que son précédent avatar, dans le « contre » et dont un des principes fondateurs semble être plus que jamais la volonté de nuire au PS. Habilement relooké, le parti d'Olivier Besancenot affiche ses ambitions : dans le paysage fracturé de la gauche française, faire une OPA sur la gauche de la gauche et devenir son pôle le plus attractif, tout en continuant de refuser toute responsabilité « dans le cadre des institutions actuelles ». De même, la motion favorable au Front de Gauche aux Européennes (PG/PC/NPA) soutenu activement par notre ancien camarade Jean-Luc Mélenchon ne représente-t-elle qu'une faible minorité dans les instances du nouveau parti d'Olivier Besancenot.

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Un projet de gauche pour l'université ?

Par Julien Saint-Jores.

 

La loi LRU et tout l'arsenal de réformes censées alimenter la logique d'autonomie des universités bénéficiaient, au moins jusqu'au début de cette année, de la réputation d'une réforme exemplaire. L'étonnant consensus, silencieusement à gauche, bruyamment à droite, illustrait l'idée chère au gouvernement que sa réforme de l'enseignement supérieur, présentée par le président de la République comme la plus importante de son quinquennat, avait atteint l'objectif fixé. L'indiscutable réussite de la LRU constituait jusqu'alors une proposition si claire et évidente par elle-même que nul ne jugeait pertinent d'entrer dans ses détails (il faut convenir que ceux qui ont aujourd'hui médiatiquement la parole auraient bien été en peine de le faire, aucun ne sachant réellement de quoi il retourne...). La droite, sur le terrain de l'université comme sur d'autres terrains, avait en cela remporté, sans avoir à se battre, une nouvelle bataille idéologique.

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Quand l'esclavage deviendra-t-il en France un crime contre l'humanité ?

Par Sonny Perseil.

 

Les derniers événements qui se sont déroulés dans les « colonies » françaises des Antilles ont été l'occasion de repenser un peu à l'esclavage. On a parfois évoqué la loi dite Taubira du 21 mai 2001 « tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité ». Pourtant, cette loi est pour l'instant un non-sens juridique et personne n'ose vraiment agir en conséquence.

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Une sortie du tunnel en vue ?

Par Gilles Marchand

 

La situation actuelle est d'une exceptionnelle gravité mais il faut savoir que les émergences de trois révolutions industrielles simultanées -- au minimum -- vont se conjuguer pour créer les conditions d'une sortie générale de la crise. Action Replay...

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Pourquoi le « travailler plus » risque de tuer le capitalisme

Par Luc Peillon.

Depuis la naissance du capitalisme jusqu'au 6 mai 2007, le niveau de vie des salariés s'est élevé de deux manières : soit en gagnant plus pour le même temps de travail, soit en gagnant autant pour un temps de travail réduit. Sous forme pécuniaire ou de temps libre, le bien-être des salariés a ainsi toujours été indexé sur la croissance de la richesse nationale.

Pourquoi donc le patronat, depuis plus d'un siècle, a-t-il accepté cette augmentation régulière du pouvoir d'achat des salariés, en temps ou en argent, sans même avoir eu l'idée de les faire travailler plus ?
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Voir, savoir, accepter ou refuser

Par Liliane Rannou.

 

Je suis contente. On parle déjà beaucoup de "Welcome" qui sort le 11 mars. On parle aussi de "Ulysse from Bagdad" publié récemment. Et à la fin de la diffusion de "14 kilomètres", c'est moi qui n'ai pu m'empêcher de parler aux spectateurs !

 

Je suis contente parce que je pense que ces films, ce livre, ces "histoires" vont rendre plus réels, plus visibles ces personnes dites "sans-papiers" et que, grâce à l'émotion ressentie à travers ces fictions, on va soudain s'apercevoir que "les sans-papiers" ce sont : les parents des copains de nos enfants à l'école, nos collègues, le monsieur qui vient réparer le chauffe-eau, nos voisins ! La chasse qui leur est faite n'est ni juste, ni honorable ; on ne veut pas en être complice.

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