Par Edmond Bonnefoy.
« L'utopie est la réalité de demain » dit-on. Encore faut-il laisser au temps le temps de faire son œuvre (car en ce domaine la précipitation est meurtrière) et, surtout, ne jamais perdre de vue les composantes intangibles de la réalité.
Parmi ces contingences, il en est une incontournable : celle du rapport du corps à l'espace. Bien sûr, la technologie téléphonique nous permet, en moins d'une seconde, de faire entendre notre voix à l'autre bout de la terre et l'avion donne à un Parisien le loisir de déjeuner à Rome et de retrouver son foyer le soir même : mais ne nous y trompons pas, notre quotidienneté reste enracinée dans un espace physiquement perceptible. Cette perception physique élargie par l'affectivité dans laquelle baigne notre vécu et marquée par l'Histoire du lieu construit notre sentiment d'appartenance à la collectivité des humains qui partagent, et ce lieu, et ce sentiment.
La forme de cet espace de vie perceptible quotidiennement, nous l'appellerons, faute de mieux : REGION.
Faute de mieux en effet, car ce mot « région » est porteur de tellement de sens qu'il crée une ambiguïté s'il n'est pas qualifié. Pour la suite de cet article, il faut impérativement le dissocier de son acception administrative, car mon propos ne vise pas un espace « imposé aux... », mais « accepté par...» les humains qui y vivent. C'est pourquoi, nous qualifions cette région de CONVIVIALE.