« We are all socialists now » - Tribune libre

« We are all socialists now »

Par Fabrice Labroille.

 

Cette phrase barre la une du numéro de Newsweek de la semaine du 10 février. Alors que la crise touche de plein fouet les Etats-Unis, le magazine explique que pour y faire face, les instruments à mettre en place (régulation de l'économie, redistribution...) peuvent s'apparenter au modèle français, lui même étant « socialiste ». Bien sûr, ce modèle étant aux antipodes du modèle américain, le journaliste de Newsweek exhorte Obama à trouver un bon équilibre pour ne pas en arriver là. Le titre de l'article sonnant alors comme une gentille provocation.

Notre modèle économique était jusqu'à présent voué aux gémonies par les économistes libéraux (américains et européens). Il est, la crise aidant, non seulement reconnu comme légitime, mais en plus comme permettant à notre pays de pouvoir, en partie, amortir le choc économique à venir.

 

Voir Nicolas Sarkozy, et les membres de son gouvernement vanter la force de nos services publics, la justesse de nos prélèvements, la solidité de nos grandes entreprises publiques est assez jubilatoire. Mais dans un même temps, entendre la droite dans son ensemble s'apitoyer sur la précarité croissante de la classe moyenne frôle l'obscénité. Elle a l'air de se rendre compte que notre système était non seulement socialement juste, mais également économiquement viable. Faut-il leur rappeler qu'un haut niveau de protection sociale, des services publics de qualité et une économie en partie régulée par la puissance publique permettent de stimuler l'économie ?

 

Mais, à regarder de près les politiques misent réellement en œuvre ces derniers mois par le gouvernement, il devient évident que les larmes des dirigeants de droite sont des larmes de crocodile. Comment peut-on encenser les services publics quand dans un même temps, on privatise la Poste, on asphyxie les hôpitaux et l'on détruit notre système éducatif ? Comment veut-on relancer l'investissement public quand on s'attaque chaque jour aux budgets des collectivités locales, principales actrices dans ce secteur ? Comment veut-on relancer la consommation sans augmenter le pouvoir d'achat ? Que l'on rassure le journaliste de Newsweek, notre Président est loin de construire le socialisme en France !

 

Face aux mensonges qui s'accumulent, il est de notre devoir d'opposants de les dénoncer, mais également de proposer ce que nous ferions, nous, si nous étions en responsabilité. C'est ce qui a en parti été fait lors de la présentation de notre « plan de relance ». Si nous souhaitons revenir au pouvoir, il est nécessaire que ce genre de propositions se multiplie, qu'elles déclinent dans tous les secteurs (éducation, santé, environnement...) nos valeurs de solidarité et de progrès. C'est maintenant que 2012 se prépare.