L'illusion NPA - Tribune libre

L'illusion NPA

Par Yasmine Mohammedi, secrétaire de section adjointe.

 

Depuis le 7 février, c'est désormais officiel, la LCR n'est plus. Exit. Mettant de côté la thématique trotskiste, qui ne fait plus recette, Olivier Besancenot a donc lancé l'offensive à gauche avec un Nouveau Parti Anti-capitaliste, positionné plus encore que son précédent avatar, dans le « contre » et dont un des principes fondateurs semble être plus que jamais la volonté de nuire au PS. Habilement relooké, le parti d'Olivier Besancenot affiche ses ambitions : dans le paysage fracturé de la gauche française, faire une OPA sur la gauche de la gauche et devenir son pôle le plus attractif, tout en continuant de refuser toute responsabilité « dans le cadre des institutions actuelles ». De même, la motion favorable au Front de Gauche aux Européennes (PG/PC/NPA) soutenu activement par notre ancien camarade Jean-Luc Mélenchon ne représente-t-elle qu'une faible minorité dans les instances du nouveau parti d'Olivier Besancenot.

S'il est probable que le NPA risque de capter une partie de l'électorat d'un Parti Communiste en désarroi et ringardisé, on peut évidemment aussi craindre un impact négatif sur le PS. L'optimisme de rigueur affiché par nos leaders à cet égard dans les media, s'il constitue un bon choix en termes de communication, ne doit pas nous faire oublier un danger réel. D'ailleurs la LCR n'a-t-elle pas sagement attendu que le congrès de Reims soit passé, comme un ouragan dévastateur, pour officialiser la naissance du nouveau parti et apparaître sous un jour comparativement plus sympathique?

 

Il est clair de notre point de vue que ce parti vise à faire son miel des difficultés du PS et du PC sans offrir d'alternative sérieuse, qu'il renvoie inlassablement dos à dos le PS et l'UMP avec une mauvaise foi patente. Et pourtant, qui n'a pas récemment argumenté avec un de nos sympathisants tenté par le parti de Besancenot ? Toutes les voix compteront demain comme hier.

 

Le NPA risque-t-il de devenir pour le PS ce que le FN fut à la droite ? On est malheureusement en droit de le redouter, surtout lorsque l'on constate la bienveillance affichée par l'UMP vis à vis du facteur aux joues rondes. On se souvient aussi de la campagne présidentielle de 2007 et de l'ambivalence néfaste du candidat Besancenot à l'issue du 1er tour.

 

Pour éviter une déperdition au profit du NPA, on pourrait penser que la solution consisterait à orienter notre discours à gauche toute. Toutefois, tenter implicitement de concurrencer le parti des anti en se plaçant artificiellement sur son terrain ne me semble pas être une réponse viable, d'autant que la concurrence électorale possible ne joue pas pleinement sur le positionnement idéologique. Nous avons des divergences de fond avec le NPA et ce n'est pas à lui de nous imposer nos orientations. C'est au contraire en nous rassemblant sur une ligne politique fidèle à notre identité socialiste que nous avons la meilleure chance de résister aux coups de boutoir et de convaincre. C'est ainsi que le parti de gouvernement que nous sommes peut démontrer la démagogie d'une formation politique contestataire, certes, mais peu encline à assumer ses responsabilités.

En intégrant enfin des représentants de la motion qui était arrivée au premier rang du vote sur les motions de novembre dernier, la direction du PS l'a compris. Tant mieux ! L'unité du PS sera le meilleur rempart contre le mirage NPA et, cela va de soi, contre le formidable adversaire qui nous gouverne.