Une sortie du tunnel en vue ? - Tribune libre

Une sortie du tunnel en vue ?

Par Gilles Marchand

 

La situation actuelle est d'une exceptionnelle gravité mais il faut savoir que les émergences de trois révolutions industrielles simultanées -- au minimum -- vont se conjuguer pour créer les conditions d'une sortie générale de la crise. Action Replay...

Il ne se passe pas un jour sans que l'on nous annonce de mauvaises nouvelles en provenance de la planète économique. L'essentiel, face à cette accumulation de revers, est de rester debout et, sans être béatement optimistes, de rester volontaristes pour vivre comme nous l'avons toujours fait, assurant au jour le jour la si précieuse continuité de la société. Les variations financières, elles, mettent à mal les équilibres que nous avions construits. Certains signes laissent penser que le capitalisme, s'il est allé trop loin, s'il a prouvé qu'il peut être en contradiction avec les principes minimaux de la prise en compte des besoins sociaux humains, et qu'il vient par conséquent se substituer à une structure étatique sans apporter les services quelle est censé assurer, a besoin d'une forme adaptée de refonte. Bien que ne remplissant pas les missions sociétales dont ont besoin des citoyens transformés en usagers, le capitalisme a encore de beaux jours devant lui, mais l'état et les coopérations régionales sont une réponse plus appropriée sur ce plan et il faut qu'elles s'entraident pour accoucher des solutions dont nous avons besoin. Il faut qu'une structure assume une garantie sociale au delà de la sphère professionnelle et les services publiques. 

 

Le capitalisme n'est pas mort. Au contraire, il se réinvente en permanence et ajoute une part de reconnaissance de la créativité à son mode de fonctionnement, mais il s'est lourdement discrédité dans sa capacité supposée à assurer les taches de maintien de la cohésion sociale. Il est donc nécessaire que les acteurs de la finances se fassent la violence nécessaire d'abandonner une part de leurs bénéfices dans un mode de taxation (minime mais bien réelle) qui serait la contrepartie minimale de la richesse requise que les états ont mis sur la table pour sauver les institutions touchées. Que puissent revenir les marges de manœuvres qu'ils ont perdues et lui permettent d'assurer un meilleur fonctionnement de ses organes, et que le consensus, ce génie invisible qui permet à la liberté de régner dans une société, puisse être renforcé.

 

Trois phénomènes nouveaux -- et salutaires -- nous arrivent. Une révolution verte, tout d'abord, qui va créer des emplois dans les technologies environnementales en développant tous les services et outils nouveaux qui seront nécessaires. Il s'agira de concilier des ressources  qui ne sont pas illimitées et les besoins une population mondiale en hausse sans tomber dans un malthusianisme inapproprié. L'intelligence collective de la génération actuelle doit se soucier prioritairement de ces questions. La deuxième révolution est énergétique. Elle va consacrer l'Hydrogène comme vecteur énergétique universel avec l'utilisation massive de l'énergie solaire et la création de réseau énergétiques distribués qui viendront s'adjoindre aux réseaux internet et permettre de lutter efficacement contre la pollution atmosphérique. 

 

Le troisième moteur de croissance est le Web 3D qui va révolutionner notre approche au travail, au commerce, à la création, mais qui devra être pensé par ses inventeurs comme un réseau respectueux de la dignité des hommes, de leur vie privée et de leur image... Nous vivons déjà par endroits cette évolution qui va entraîner l'émergence d'immenses besoins professionnels. Des métiers d'un type nouveau vont apparaître qui devront également être pensés en terme de grilles de rémunérations, afin de rétablir pour de nombreux salariés des conditions de vie décentes. Enfin, il n'est pas illusoire de penser qu'une révolution nanotechnologique et biotechnologique ne produise un regain d'activité large dans les champs de la recherche, de la science, et de leurs débouchés.

 

En attendant, nous sommes condamnés à vivre la situation actuelle de la moins mauvaise des manières possibles. Il serait bon, devant l'effondrement de la demande, qui a, elle aussi, sa composante psychologique, que les consommateurs soient correctement alimentés en matière bancaire, que les taux des crédits à la consommation baissent et que les ordinateurs de leurs sites internet ne fasse pas semblant de tomber en panne au moment de répondre aux demandes qui sont effectuées. Une immense captation de richesse et des disparitions d'actifs énormes, viennent d'avoir lieu. Il est bon que tous les acteurs soient sur le pont, même ceux que l'on a discrédités, afin que l'orage passé s'éloigne, et que l'on puisse enfin organiser les secours. Planifier la reconstruction, comme c'est le cas à Gaza, ce jour. 

 

Notre problème, en tant qu'humains de ce XXIème siècle qui commence, est de faire prioritairement parler notre humanité et de trouver le moyen de nous entendre à l'échelon mondial. En discutant et résolvant nos problèmes collectivement, puisque nombre des grandes problématiques actuelles sont interdépendantes et demandent une coordination de tous les acteurs, nous nous donnerons un faisceau de chances précieuses. L'échelon européen est un cadre essentiel pour ce qui concerne les européens, comme pour les autres ensembles régionaux ou états, comme pour nous la France, mais aujourd'hui doit voir émerger une conscience, une opinion publique internationale, déjà présente en 2003, qui, tout en étant infiniment respectueuse des valeurs de chacun, permette de limiter les problèmes et d'accentuer les solutions.

 

Le futur est là où on le créé.