Voir, savoir, accepter ou refuser - Tribune libre

Voir, savoir, accepter ou refuser

Par Liliane Rannou.

 

Je suis contente. On parle déjà beaucoup de "Welcome" qui sort le 11 mars. On parle aussi de "Ulysse from Bagdad" publié récemment. Et à la fin de la diffusion de "14 kilomètres", c'est moi qui n'ai pu m'empêcher de parler aux spectateurs !

 

Je suis contente parce que je pense que ces films, ce livre, ces "histoires" vont rendre plus réels, plus visibles ces personnes dites "sans-papiers" et que, grâce à l'émotion ressentie à travers ces fictions, on va soudain s'apercevoir que "les sans-papiers" ce sont : les parents des copains de nos enfants à l'école, nos collègues, le monsieur qui vient réparer le chauffe-eau, nos voisins ! La chasse qui leur est faite n'est ni juste, ni honorable ; on ne veut pas en être complice.

Ces personnes vivent dans la peur des contrôles, des « rafles », qu'on n'a pas le droit d'appeler comme cela. Mais c'est quoi quand la police se pose dans un endroit, vérifie les papiers "à la tête du client" et arrête des personnes en nombre uniquement sur le défaut de présentation de papiers en règle? Et qu'ils sont expulsés, renvoyés à la case départ quand il leur a été si difficile d'arriver jusqu'ici parce qu'ils n'avaient pas d'avenir dans leur pays, ou pire parce qu'ils y risquent leur vie ?

 

Cela fait des années déjà que cela arrive tous les jours : tous les jours des personnes ont besoin qu'on les soutienne dans les permanences des associations qui leur viennent en aide (RESF, LDH, MRAP, syndicats de travailleurs, Droits Devant , les collectifs de quartiers et toutes les associations que je ne connais pas) aux commissariats, dans les Préfectures pour déposer des dossiers de demande de régularisation, au Tribunal Administratif pour annuler une procédure d'expulsion, dans les aéroports pour que l'avion parte sans eux. Il faut être nombreux à les aider car le besoin est grand et les procédures compliquées.

 

Il faut être nombreux à s'informer (il y a un groupe de travail sur la politique migratoire animé par Odile Kouteynikoff au sein de la section), à se former pour soutenir les personnes sans-papiers et protester contre cette politique honteuse. On ne peut pas simplement tourner la tête et laisser faire !!! Pour nous, les socialistes, en particulier, ce n'est pas acceptable même si c'est la loi de maintenant, c'est une loi cruelle et injustifiée contre laquelle nous avons un devoir de désobéissance individuellement et collectivement.