Cap sur Paris Métropole !

Le 1er octobre dernier, les élus de Paris et de nombreuses collectivités d'Ile-de-France se sont réunis à Nogent-sur-Marne pour discuter ensemble de la création d'un syndicat mixte intercommunal et de ses statuts.

 

Objectif : consolider les relations de partenariat nouées depuis 2001 entre Paris et sa banlieue. Sur de grands enjeux tels que le logement, les transports, le développement économique, ou l'environnement, l'agglomération parisienne manque en effet d'une organisation qui lui permette d'agir avec plus de force et de cohérence. « Grand Londres », « Communauté Autonome de Madrid », «Province de Rome », ... il était nécessaire que Paris, à l'instar des autres capitales européennes, raisonne à la bonne échelle.

 Il a d'abord fallu, pour en arriver là, rompre avec des décennies de mépris, quand Paris rejetait en banlieue tout ce dont elle ne voulait pas (décharges, logements sociaux, cimetières, stations d'épuration, ...). Depuis 2001, l'une des priorités de Bertrand Delanoë a été de restaurer un rapport de confiance et de dialogue avec les communes alentour. Un dialogue fructueux qui a abouti à la signature de nombreux protocoles de coopération, et permis la création, en 2006, d'une conférence métropolitaine. A l'époque, l'UMP Paris appelle au boycott de cette structure (alors même que des maires UMP franciliens y participent). Nicolas Sarkozy, alors président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, est aux abonnés absents. Sa passion soudaine pour le « Grand Paris », depuis qu'il est Président de la République, a donc de quoi surprendre ... La méthode employée laisse également songeur : des annonces fracassantes (organisation d'un concours international d'architecture), sans la moindre concertation préalable avec les acteurs concernés. Le contre-exemple parfait de ce qui se passe depuis 2001, et qui porte ses fruits.

 

Prenons l'exemple du Nord-est parisien, avec le projet Gare des mines/Fillettes. Cette ancienne emprise ferroviaire de 22 hectares est située à cheval sur les villes d'Aubervilliers, de Saint-Denis et du 18e arrondissement (de la porte de La Chapelle à la Porte d'Aubervilliers). Sur ce site, auquel aujourd'hui personne ne prête attention, va naître le premier quartier Paris-banlieue. Ce sont près de 1500 logements - dont plus de 40% de logements sociaux - qui vont être construits, ainsi que des bureaux, des commerces, et de nouveaux équipements publics (un grand terrain de sport, des écoles, une crèche). Ce projet de la gare des Mines est emblématique du rapprochement entre Paris et ses voisins, puisqu'il prévoit la couverture partielle du périphérique, cette saignée urbaine bruyante et polluée, qui a trop longtemps tenu lieu de frontière entre la capitale et sa périphérie. Un vrai bol d'air pour les riverains qui pourront profiter d'espaces verts, une fois le tronçon recouvert.

 

Au fond, l'activisme débridé mis en œuvre par Nicolas Sarkozy pour reprendre la main sur ce dossier en dit long sur son aveuglement d'hier : une révolution silencieuse est en marche depuis plusieurs années. Et elle s'est faite sans lui.